Maroc: Remise en liberté d'un journaliste condamné à huit mois de prison
RABAT, 11 sept 2007 (AFP) - Un journaliste marocain d'Al Watan Al An condamné en août à huit mois de prison ferme pour publication de "documents confidentiels" concernant la lutte antiterroriste, a été remis en liberté mardi par la Cour d'appel de Casablanca, a indiqué le directeur de publication.
"Je suis soulagé et content que la Cour ait décidé de remettre en liberté provisoire Mustapha Hormat Allah", a déclaré à l'AFP Abderrahim Ariri, directeur de publication de l'hebdomadaire Al Watan Al An.
Le tribunal correctionnel de Casablanca avait infligé huit mois de prison ferme à Mustapha Hormat Allah, et six mois avec sursis pour Abderrahim Ariri. Les deux journalistes devaient en outre s'acquitter d'une amende de 1000 dirhams (90 euros).
Mardi, lors de la première audience en appel, après l'interrogatoire des deux prévenus, les avocats ont déposé une requête pour la mise en liberté provisoire de Mustapha Hormat Allah. "Je connaissais la réputation du président du tribunal: c'est un homme droit et intègre. J'étais optimiste", a confié à l'AFP M. Ariri.
Le verdict en appel doit être prononcé le 18 septembre. La condamnation à une peine de prison ferme avait provoqué la consternation dans la profession qui y voyait une "grave menace" pour la liberté de la presse.
Les deux journalistes étaient poursuivis pour "recel de documents obtenus à l'aide d'une infraction" après la publication le 14 juillet par Al Watan Al An d'un dossier intitulé "les rapports secrets derrière l'état d'alerte au Maroc".
Par ailleurs, le 7 novembre, doit se poursuivre le procès d'Ahmed Benchemsi, directeur de deux magazines saisis ce week-end, sous l'accusation de "manquement au respect dû à la personne du roi".
La justice lui reproche son éditorial dans l'hebdomadaire francophone TelQuel et dans Nichane, rédigé en darija (dialecte arabe marocain), critiquant sur le mode de l'interpellation des propos du roi Mohammed VI sur les élections législatives du 7 septembre.