La Chine se plaint d'être espionnée massivement par internet
PEKIN (Reuters) - La Chine déplore une perte "massive" de secrets d'Etat et secrets militaires par le biais d'internet, a déclaré mercredi le vice-ministre de l'Industrie de l'Information, Lou Qinjian.
Il a affirmé que la Chine était la cible d'une campagne de subversion et d'infiltration mais n'a fait aucun commentaire sur le fait qu'il est pareillement reproché à Pékin de tenter d'infiltrer les réseaux informatiques de pays occidentaux.
"L'internet est devenu le principal vecteur technologique de l'espionnage extérieur de nos organismes centraux et vitaux", écrit-il dans l'édition de septembre du magazine Chinese Cadres Tribune, publiée par l'Ecole centrale du parti, chargée de former les élites du PC chinois.
"Ces dernières années, le parti, le gouvernement, les organes militaires et les unités de recherche scientifique de la défense nationale ont fait état de nombreux cas de perte, vol ou fuite de secrets; les dommages pour l'intérêt public ont été massifs et choquants", ajoute-t-il, sans plus de précision.
Les réseaux informatiques de la Chine sont truffés de brèches de sécurité qui ôtent toute crédibilité à la censure du Parti communiste et exposent au grand jour des secrets de première importance, dit encore Lou.
Les Etats-Unis et d'autres puissances "hostiles" exploitent ces déficiences et usent de leur position technologique dominante pour utiliser internet à des fins d'"infiltration politique", poursuit-il.
NOUVELLE AGENCE
Le ministère de l'Industrie de l'Information est l'un des nombreux organismes, en particulier le ministère de la Sécurité publique et le département de propagande du parti, qui tentent de contrôler l'internet local.
Lou prêche une approche unifiée autour d'une sorte de bureau de sécurité de l'information et d'une nouvelle agence qui serait chargée "de régler les questions de sécurité informatique des grands projets d'investissement étrangers, des fusions et acquisitions majeures, des grands projet de biens et services technologiques et de coopération internationale en matière scientifique et technologique".
S'exprimant par voie de presse, des responsables étrangers affirment de leur côté que la Chine monte des raids sur la toile pour infiltrer les réseaux gouvernementaux de pays tels que les Etats-Unis, la Grande-Bretagne ou l'Allemagne, ce que Pékin dément.
Pour Lou, ce sont au contraire les Etats-Unis et d'autres grandes puissances qui menacent l'internet local en employant des équipes chargées de compiler des "informations nuisibles" et d'amplifier à outrance les problèmes que peut connaître le pays en matière sociale ou médicale ou encore de faits divers comme les catastrophes minières.
"Dès qu'un grand problème social se produit, internet se met en branle et la rue peut se déchaîner impunément, menaçant directement la stabilité sociale", écrit-il, faisant apparemment référence aux manifestations publiques.