Euro2008: les Bleus assommés par les Ecossais au Parc
PARIS (Reuters) - Victime de la "malédiction du Parc", l'équipe de France de football a subi un coup d'arrêt dans la course à la qualification pour l'Euro 2008 avec une défaite à Paris (0-1) face à l'Ecosse, la deuxième après celle du match aller.
Des Ecossais limités techniquement mais combatifs en diable ont réussi comme au match aller (1-0 à Glascow en octobre 2006) un véritable hold-up, transformant en but leur seule occasion du match à la 64e, sur un tir lointain de l'attaquant d'Everton James McFadden.
Le coup de poignard est terrible pour les Bleus qui ont accumulé les occasions et monopolisé le contrôle du ballon tout au long de la partie mais se sont montrés maladroits dans la conclusion.
Le Parc des Princes, où les Bleus n'avaient pas joué depuis 10 ans (2-2 dans un amical contre l'Italie), est donc toujours maudit en compétition officielle pour eux.
La route du Mondial américain leur avait été barrée par deux défaites consécutives en 1993, contre Israël (2-3) et contre la Bulgarie (1-2).
L'Ecosse passe en tête du groupe avec 21 points, un point devant l'Italie qui a gagné en Ukraine 2-1. Les Bleus sont troisièmes et donc pour l'instant éliminés avec 19 points.
Les Français devront arracher une des deux places qualificatives pour l'Euro en Autriche et en Suisse les 13 et 17 octobre, aux Iles Féroé et devant la Lituanie, et surtout le 21 novembre pour un Ukraine-France qui pourrait être décisif.
NASRI ET BENZEMA EN VAIN
Pour leur premier match au Parc des Princes depuis 1997, les Bleus entraient comme en terrain adverse, dans un stade pavoisé en bleu et blanc et qui résonnait des chants de supporters écossais. Ils étaient privés de leur meilleur buteur en exercice, Thierry Henry, suspendu.
C'est David Trezeguet, auteur d'un début de saison canon à la Juventus de Turin, qui était choisi pour un retour aux côtés de Nicolas Anelka dans l'attaque des Bleus après sept mois d'absence, malgré ses déclarations peu amènes sur le sélectionneur Raymond Domenech dans la presse italienne.
Les Français prenaient le dessus toute la première période sur la défense écossaise, mais se montraient imprécis à la conclusion. David Trezeguet plaçait à côté une reprise en pivot (14e), Ribéry manquait totalement sa reprise après un débordement de Malouda sur la gauche (20e), Claude Makelele plaçait une volée au-dessus (36e).
Comme au match aller, les Ecossais abandonnaient totalement l'initiative du jeu aux Français, ne plaçant aucune offensive notable.
La partie reprenait sur le même mode en seconde période, avec Ribéry qui frappait sur le gardien puis au-dessus (54e). Dans la minute suivante, Craig Gordon sauvait son but à bout portant sur une reprise d'Anelka.
Mais en pleine domination tricolore, à la 64e, McFadden, sur l'une des rares attaques blanches et sur le premier tir sérieux des Ecossais, trouvait le coin droit du but de Landreau sur une frappe des 25 mètres.
Raymond Domenech faisait rentrer Samir Nasri au milieu à la place de Patrick Vieira puis l'attaquant Karim Benzema à la place du défenseur Eric Abidal.
Le changement ne donnait rien et, encouragés par les chants frénétiques de leurs supporters, les Ecossais repoussaient les dernières attaques désordonnées des Français et voyaient avec soulagement une frappe lointaine de Benzema frôler le poteau de Gordon (87e).
PARIS - Le sélectionneur national du football Raymond Domenech s'est dit "déçu mais pas abattu" jeudi au lendemain de la défaite (0-1) de son équipe face à l'Ecosse au Parc des Princes, qui compromet ses chances de se qualifier pour la phase finale de l'Euro 2008.
Déjà battue à l'aller à Glasgow sur le même score, l'équipe de France revit une situation qu'elle n'avait pas connu dans un parcours de qualification depuis les éliminatoires de la Coupe du monde américaine (1994).
Sur sa route vers l'Amérique, la sélection tricolore avait enregistré les deux défaites face à la Bulgarie à Sofia (0-2) puis en France (1-2). C'était déjà au Parc des Princes, lors du dernier match et le rêve américain des Bleus s'était envolé à l'ultime minute sur une contre-attaque et un but d'Emil Kostadinov.
Domenech ne craint pas que la ressemblance du scénario produise les mêmes effets. "Ce n'est pas du tout la même situation qu'en 1993. Même si nous avions battu l'Ecosse, nous ne serions pas qualifiés", assure-t-il.
Au demeurant, le revers de mercredi n'ôte pas au sélectionneur toutes ses raisons d'espérer une qualification. "La déception est bien présente, mais elle est relativisée par le fait que nous avons encore notre destin en main", analyse Domenech. "On a trois matches à jouer, en prenant neuf points, et d'après les calculs de tous les scientifiques, on a une chance de gagner".
Cette défaite fait glisser la France de la première à la troisième place du groupe B des éliminatoires. Elle compte deux points de retard sur l'Ecosse, le nouveau leader, et un sur l'Italie qui, mercredi, s'est imposée en Ukraine (2-1).
La France a encore trois rencontres à disputer: deux en déplacement aux Iles Féroé (13 octobre) et en Ukraine (21 novembre) et une à Nantes contre la Lituanie (17 octobre).
"On est dans la même situation que l'équipe de France de rugby. Au premier match perdu, on est mort. Mais je n'ai pas entendu les rugbymen dirent qu'ils abandonnent. Nous, c'est pareil on va se battre", poursuit le sélectionneur.
Comme à l'aller à Glasgow, où ils avaient dominé, les Tricolores sont tombés dans le piège d'une formation écossaise à l'aise dans l'exécution de sa partition défensive. "Celui qui gagne le mérite toujours", note Domenech qui ironise: "Ils ont même poussé le culot jusqu'à marquer pratiquement à la même minute qu'à l'aller!"...
Justement le but victorieux de James McFadden sur une passe longue de son gardien Craig Gordon laisse quelques regrets à Domenech. "Ils ont un brin de réussite sur le but mais de notre côté, il y a eu une accumulation de petits détails, une hésitation, une part d'automatismes qui n'a pas fonctionné. Cela dit, la frappe était exceptionelle".
Après le match aller, les Bleus étaient pourtant prévenus mais ils n'ont pas su s'adapter et, comme à Glasgow, ils sont restés bredouilles en dépit d'une domination constante. L'abondance des tentatives françaises en direction des cages de Gordon ne doit, cependant, pas faire illusion car en fait les Bleus n'ont cadré qu'à trois reprises.
Domenech veut rester positif sans nier qu'il y a eu des problèmes de finition.
"Dans la construction du jeu, nous avons été présents, efficaces. Il y a eu du mouvement, du jeu à une touche de balle, deux touches, des appuis pour essayer de destabiliser un groupe costaud", précise-t-il. "Ce qui a manqué, c'est cette présence devant le but et notamment au premier poteau une fois que l'on a construit".
La France aura l'occasion de se relancer en rendant visite, dans moins d'un mois, aux Iles Féroé, la lanterne rouge du groupe et qui a encaissé la bagatelle de 29 buts en neuf matches.
"Ce serait stupide d'affirmer que les joueurs ne sont pas inquiets", avance Domenech. "Ils sont inquiets mais combatifs. On sait que souvent les équipes qui sont sur le gril et ne peuvent plus se permettre un échec voient se renforcer leur envie de bien faire". AP