Crédit hypothécaire: des épargnants paniqués aux guichets de la Northern Rock
LONDRES - Les succursales de la banque Northern Rock, le No5 du crédit hypothécaire au Royaume-Uni, ont fermé samedi midi pour le week-end après avoir dû fait face à un nouvel afflux d'épargnants, parfois tendus, venus vider leurs comptes, malgré les appels au calme des autorités britanniques.
La Northern Rock a dû recourir à un prêt d'urgence de la Banque d'Angleterre, ce qui suscite la panique parmi les épargnants. Les clients avaient déjà retiré vendredi un milliard de livres (1,5 milliard d'euros), selon le "Financial Times", qui cite une source proche du dossier. La banque a refusé de commenté ce chiffre, qui représente 4% de ses dépôts.
Le ministre des Finances Alistair Darling et l'Autorité des marchés financiers ont tenté de rassurer les épargnants vendredi, assurant que l'établissement est "solvable" et qu'il "remplit ses obligations en termes de capital et que ses créances sont de bonne qualité".
Samedi soir sur Channel 4, Alistair Darling a de nouveau assuré que l'Autorité des marchés "a réaffirmé encore ce soir qu'elle se félicite de voir la Northern Rock solvable, qu'elle peut poursuivre ses opérations et, s'il le faut, payer ses clients s'ils veulent retirer leurs fonds".
Mais des files d'attente d'épargnants paniqués se sont à nouveau formées devant les succursales de la banque samedi et certaines agences ont fermé leurs portes à midi avec encore des clients à l'intérieur. Comme à Glasgow, où environ 200 personnes se trouvaient dans les locaux à la fermeture et où certaines personnes arrivées vers 11h50 se sont vues refuser l'accès à la banque.
La Northern Rock a mobilisé des effectifs supplémentaires pour faire face à cet afflux de clients encadré par les forces de l'ordre. A Glasgow, deux policiers en civil ont été appelés dans une succursale du centre-ville, certains clients s'étant montrés "turbulents".
Ron Stout, porte-parole de la Northern Rock, a estimé samedi que les commentaires des analystes financiers avaient déclenché la panique des épargnants, engorgeant ses succursales et saturant son système d'opérations en ligne. Il a précisé que l'établissement ouvrirait une heure plus tôt lundi afin d'accueillir ses clients et de tenter de les rassurer sur la situation.
Vendredi, la Banque d'Angleterre a fourni en urgence à la banque les fonds nécessaires au financement de ses opérations. La Northern Rock n'a pas pu emprunter cet argent à d'autres banques en raison des turbulences sur le marché international du crédit, conséquence de la crise des prêts immobiliers à risque aux Etats-Unis.
Selon Justin Urquhart, expert financier à l'Institut Seven Investment Management, la Northern Rock est une banque sûre, qui plus est soutenue par la Banque d'Angleterre. Mais le phénomène actuel de panique pourrait causer sa disparition d'ici un an. "C'est vraiment dommage. Un très bon établissement va se retrouver étranglé par les circonstances", a-t-il déclaré samedi. AP