Le nationaliste Abbas El-Fassi nommé premier ministre au Maroc
Douze jours après les législatives du 7 septembre, le roi Mohammed VI a nommé, mercredi 19 septembre, au poste de premier ministre Abbas El-Fassi, chef du parti nationaliste Istiqlal arrivé en tête avec 52 sièges à la Chambre des députés qui en compte 325.
En 2002, le roi avait nommé un premier ministre apolitique, plutôt que le chef de l'Union socialiste des forces populaires (USFP), qui avait remporté le scrutin. M. El-Fassi a indiqué que le souverain l'a chargé de "mener les consultations avec les partis politiques pour la constitution d'un nouveau gouvernement", dans une déclaration à la presse, précisant qu'il allait commencer ses contacts jeudi.
Au lendemain du scrutin du 7 septembre, M. El-Fassi avait annoncé qu'il restait "fidèle" à ses engagements pris dans le cadre de la Koutla (bloc) démocratique qui, outre l'Istiqlal, regroupe les socialistes de l'USFP et du Parti du progrès et du socialisme (PPS). Mais ces trois partis ensemble n'ont pas enlevé la majorité des sièges à la Chambre des représentants. Ils doivent encore former une alliance avec d'autres formations pour assurer une majorité.
UN CHOIX "LOGIQUE" POUR LES ISLAMISTES
"La logique veut que le premier ministre soit issu de l'Istiqlal", a indiqué mercredi Lahcen Daoudi, un responsable du Parti de la justice et du développement (PJD, islamiste). "Nous souhaitons bon courage à M. El-Fassi comme nous souhaitons qu'il arrive à constituer rapidement un gouvernement restreint et efficace", a-t-il dit. Sur l'éventualité que M. El-Fassi invite les islamistes du PJD à participer au gouvernement, M. Daoudi s'est borné à dire : "Quand on est invité, il faut savoir ce qu'il y a dans le menu, ce qu'on va vous offrir, etc".
Abbas El-Fassi est avocat de formation. Il a été ambassadeur du Maroc en Tunisie et en France. Avant sa nomination au poste de premier ministre, il occupait le poste de ministre d'Etat sans portefeuille au sein du gouvernement sortant de Driss Jettou. Il accède aux commandes au moment où le royaume est confronté à un double défi : la pauvreté et l'accentuation des inégalités sociales, ainsi que l'émergence d'un islamisme radical.