EPR en Chine: la commande annulée selon Sortir du Nucléaire, Areva dément
PARIS (AFP) - La commande de deux réacteurs nucléaires EPR en Chine aurait été annulée sur le site initialement prévu, a affirmé mercredi le réseau écologiste "Sortir du Nucléaire", ce que le groupe nucléaire Areva a démenti.
"Selon des informations fiables", le réseau "est en mesure de révéler que la Chine a définitivement annulé son projet de construire deux réacteurs nucléaires français EPR à Yangjiang, dans le Guangdong", a indiqué l'organisation dans un communiqué.
L'information aurait été obtenue auprès d'une source gouvernementale chinoise, a précisé son porte-parole.
Interrogé par l'AFP, Areva a démenti ces informations. "Nous avions récemment évoqué des discussions avancées, elles se poursuivent", a indiqué un porte-parole. "Les discussions se poursuivent", a aussi assuré Bercy.
"Annoncée par les Français pour le 31 juillet, la signature du contrat, à Pékin et en présence de la ministre de l'Economie Christine Lagarde, n'a pas eu lieu et est définitivement annulée", affirme le réseau.
"A la place, l'électricien CGNPC (China Guangdong Nuclear Power Corp.) construirait quatre réacteurs chinois CPR-1000", ajoute "Sortir du Nucléaire".
"Habitués à toujours laisser un peu d'espoir à leurs +partenaires+, les Chinois évoquent l'hypothèse que les deux EPR soient proposés à Taishan, à 140 km à l'ouest de Hong Kong", poursuit le réseau.
Il avait révélé le 30 juillet que les Français avaient proposé les deux EPR pour cinq milliards de dollars (3,66 milliards d'euros), "soit deux pour le prix d'un", ajoute Sortir du nucléaire.
Le coût du premier EPR qu'Areva construit en Finlande, où le groupe public est maître d'ouvrage et fournisseur, est évalué par les spécialistes à environ 3 milliards d'euros. En Chine, Areva ne serait pas maître d'ouvrage mais doit fournir les réacteurs et leur combustible (uranium), ainsi que les services associés, soit toute la chaîne de valorisation du minerai.
"Même à prix cassé, les Chinois ne veulent pas de l'EPR", insiste Sortir du nucléaire.
Fin juillet, on avait appris de source proche du dossier qu'Areva et son partenaire chinois CGNPC devaient signer à Pékin une "lettre d'intention" pour la construction des deux réacteurs, avant la signature formelle d'un contrat en novembre.
La signature avait ensuite été reportée, officiellement pour des raisons "techniques et d'agenda".
Le contrat porte sur la construction de deux réacteurs à eau sous pression (European Pressurised water Reactor), plus puissants (1.600 mégawatts chacun) que les réacteurs construits dans les années 80, à Yangjiang, dans la province du Guangdong (sud).