Rentrée chargée pour les participants au Grenelle de l'environnement
PARIS (AFP) - La rentrée s'annonce chargée pour les participants au "Grenelle de l'environnement" qui doivent remettre fin septembre leurs propositions, avec l'espoir de créer une nouvelle donne en France en faveur de l'environnement.L'événement
Lancé le 6 juillet par le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo, ce "Grenelle" - une référence aux accords de Grenelle en mai 1968 - doit réunir autour d'une même table fin octobre des acteurs aux profils contrastés - ONG écologistes, patronat, collectivités locales, syndicats, représentants de l'Etat ou de la société civile. Ils devront se mettre d'accord sur 15 à 20 mesures concrètes en faveur du développement durable.
Six groupes de travail (climat et énergie, biodiversité, environnement et santé, démocratie écologique, production et consommation durables, emploi et compétitivité) ont commencé à plancher en juillet et s'apprêtent à reprendre le collier après une pause estivale.
A la fin septembre, leurs conclusions seront publiées et devront être enrichies par la consultation du grand public, via internet et lors de réunions en région au cours de la première quinzaine d'octobre.
Le ministère présentera ensuite les idées retenues lors d'une table ronde fin octobre, véritable feuille de route environnementale du pays.
"On a été submergés de contributions volontaires. On est à un moment historique où il peut se passer quelque chose de fort", a estimé cette semaine sur France Inter, Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat à l'Ecologie.
"Il faut que l'écologie pollinise la société française", a commenté de son côté Serge Orru, directeur général du Fonds mondial pour la nature WWF-France.
Le Grenelle "représente peut-être une opportunité pour passer des beaux discours aux actes", espère Arnaud Gossement, porte-parole de France nature environnement (FNE).
Parmi les sujets qui fâchent, figurent le nucléaire et les organismes génétiquement modifiés (OGM).
"Le nucléaire n'est pas un sujet tabou", selon la secrétaire d'Etat à l'Ecologie, mais il n'est pas question de revenir sur des décisions qui ont déjà été prises, comme celle de la construction du réacteur nucléaire de 3e genération, l'EPR, à Flamanville (Manche) qui suscite l'ire des écologistes.
En revanche les participants au Grenelle ont plus de chances d'être entendus sur les OGM.
Le gouvernement, qui avait hâtivement transposé par décrets en mars une directive européenne sur les OGM, escamotant ainsi un débat au Parlement, a finalement annoncé jeudi qu'une loi serait faite pour réglementer les cultures transgéniques et leur coexistence avec les cultures traditionnelles.
Il s'agit d'une "opportunité historique pour faire avancer ce dossier", a estimé Arnaud Gossement, saluant cette décision.
La Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) souhaitait également "un débat politique au niveau du parlement français" sur les OGM, "de façon à ce que s'arrête le +feuilleton de l'été+, avec destruction des champs d'OGM".
Un projet de loi avait été adopté par le Sénat en mars 2006, mais n'avait pas été examiné à l'Assemblée, faute de temps et d'une volonté politique du gouvernement de le faire adopter rapidement.
Parmi les autres pistes, figurent celles concernant les économies d'énergie notamment par une rénovation de l'habitat ancien, une réorientation de la fiscalité environnementale, la création d'un "réseau écologique national" en consolidant le réseau Natura 2000, et la transformation du Conseil économique et social en "Conseil économique, social et environnemental".